Parcours personnel

Expert en Systèmes de Performance Management pour les grands groupes, j'ai, très tôt, été convaincu des apports certains du standard XBRL à ce domaine d'activité. Membre actif de XBRL France, XBRL Europe et XBRL International, j'exerce en tant qu'expert sous la raison sociale etXetera. J'ai représenté Cartesis en tant que membre fondateur de XBRL France.
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lundi 30 novembre 2009

Les comptes annuels et les perspectives de XBRL en termes de comparabilité

Comment avancer sur le sujet ?

Etude menée sur les comptes consolidés annuels publiés dans les documents de référence des sociétés industrielles et commerciales du CAC 40 au 31-12-2008.

Pourquoi les comptes publiés par les groupes français cotés, établis depuis plusieurs années selon les normes IFRS, ne sont-ils toujours pas comparables entre eux ni comparables aux mêmes comptes établis par les groupes européens?

Alors que tous les textes régissant la présentation des comptes ou états financiers des sociétés se préoccupent de la comparabilité, la manière d'y parvenir, ou tout du moins d'y tendre, n'a pas encore été mise en oeuvre.

jeudi 16 juillet 2009

Et si l’on parlait de XBRL et de traductions ?

Un article est paru récemment sous le titre « Et si l’on parlait de traduction ? » sur le blog Reginfo le mardi 23 juin 2009.
(Les extraits de l’article de Reginfo sont soulignés en caractères italiques marron dans le texte ci-dessous)
L’objet de ce document est de présenter, pour chacun des points de l’article précité, les apports de la technologie XBRL et notamment de la taxonomie XBRL IFRS qui standardise un modèle de contenu des comptes annuels strictement fondé sur les textes des normes et dont le contenu (et ses diverses traductions) est garanti par l’IASB. Les traductions de la taxonomie sont strictement équivalentes aux traductions des normes, sachant que la langue de base est l’anglais (version de la communauté européenne).
Une illustration des difficultés de comparaison d’états financiers est présentée sur la base d’un échantillon de 10 groupes.
XBRL en très peu de mots
XBRL est un langage standard et universel d’expression, de dématérialisation et de transmission électronique de données financières.
Il permet d’extraire des systèmes, de transporter et d’importer dans les systèmes toute donnée financière, pourvu qu’elle soit décrite dans une taxonomie qui, elle-même, est transportée avec la donnée.
Taxonomie XBRL IFRS
La taxonomie XBRL IFRS est la taxonomie qui structure les normes IFRS. Elle est émise par l’IASB qui émet également les normes. Elle est appelée à être la base de tous les rapports financiers préparés en conformité avec ces normes. Elle est utilisée et incluse dans les premières taxonomies étendues par certains pays pour leurs besoins nationaux.
IFRS translated
La taxonomie XBRL IFRS offre une traduction de ses quelques 2759 éléments en 12 langues. La traduction est réalisée ou supervisée par l’IASB et utilise strictement les mêmes termes que les traductions des normes elles-mêmes. Il n’y a donc pas, en principe, d’ambigüité sur la définition des termes dans chacune des langues de la taxonomie. Ainsi le même élément, dans chacune des langues, fait référence au même article de la norme.
Commentaires sur les points de l’article
Qui traduit ?
Le constat de Reginfo se résume comme suit :
Premier constat, 79% des sociétés du SBF 120 avaient publié un document de référence en anglais au 31 mai dernier.
Publication à fin mai : CAC 40 95% ; SBF 80 70% ; STOXX 50 100% (dont 93% à mi-avril)
Publication ultérieure : CAC 40 5% ; SBF 80 30%
Décalage : CAC 40 qq jours à qq semaines ; SBF 80 + 2 semaines pour 48%

XBRL et la traduction simultanée
L’utilisation de la taxonomie XBRL IFRS offre une traduction instantanée de tous les éléments de reporting inclus dans la taxonomie. Il s’agit au minimum de tous les postes de bilan, du compte de résultat, du tableau des flux et de tous les titres des notes annexes y compris du contenu standard des éléments de ces notes prévus par les IFRS.
Pour ce qui est du contenu textuel des notes, il reste bien sûr à effectuer la traduction. Mais le groupe est soulagé pour tous les autres postes puisque la traduction est assurée et garantie par l’IASB. Le « tagging » des éléments avec les libellés français de la taxonomie, implique une disponibilité automatique en anglais, qui est la même pour tous les utilisateurs de la taxonomie IFRS et rend ainsi automatiquement comparables soit des comptes établis à la base en français pour les sociétés françaises soit des comptes établis à la base dans l’une ou l’autre des langues européennes.

La traduction est-elle fidèle ?
Reginfo constate :
Distorsions dans les intitulés, ce qui ne facilite guère les recherches.
CAC 40 « Registration document »
SBF 80 « Reference document »
Groupes européens Annual report et 20F
Des documents sont similaires mais pas identiques
Cela signifie qu’un lecteur anglophone et un lecteur francophone ne pourront pas discuter du document en se référant aux mêmes pages
Documents identiques : CAC 40 31% ; SBF 80 44% ; SBF 120 46%
Documents complètement différents : CAC 40 15% ; SBF 80 16%

La taxonomie IFRS et la comparabilité
L’adoption de la taxonomie XBRL IFRS permet l’utilisation des mêmes éléments strictement comparables dans toutes les langues dans lesquelles la taxonomie est traduite qui font, pour chacun d’eux, référence au texte de la norme. Les données sont strictement les mêmes puisqu’il n’existe qu’un seul fichier de données XBRL, peu importe la langue dans laquelle le lecteur va le lire ou l’utiliser.

La traduction est-elle fiable ?
Que pensent les émetteurs eux-mêmes de leur traduction ?
Satisfaction des émetteurs : Qualité du document 92% ; Processus de préparation 65% (Jugé « lourd »)
Engagement de traducteurs 93% (28% plusieurs) ;
Durée de traduction 26 jours ;
Vérification par un collaborateur bilingue 76% ;
Double vérification 48%
Un travail long puisqu’il mobilise une personne durant 15 jours en moyenne pour les sociétés du CAC40 et 10 jours pour celles du SBF80.
Résultat des traductions
Moins de 5 contresens : CAC 40 80% ; SBF 80 64%
Plus de 10 contresens : CAC 40 10% ; SBF 80 18%
% des erreurs dans les comptes : CAC 40 10% ; SBF 80 25%

Garanties de la traduction XBRL
La traduction limitée aux éléments textuels tout en utilisant les titres des notes de la taxonomie et les éléments textuels ou chiffrés de la taxonomie simplifie le travail de préparation des données XBRL grâce à la structuration des normes dans sa langue d’origine ou dans les langues de traduction.

Au fond, à quoi ça sert ?
Les entreprises estiment que 50% des utilisateurs se référent à la version française et 50% à la version anglaise. Un chiffre cohérent avec ce que l’on sait de la détention du capital des sociétés du CAC 40 par les investisseurs étrangers (proche de 50%) et, plus généralement, de l’internationalisation des marchés de capitaux.

Il est vrai que les comptes émis par les sociétés cotées sont lus par des lecteurs non français et introduits dans des programmes d’analyse permettant d’émettre des « ratings » et toutes sortes de recommandations sur les titres ou la gouvernance des groupes. Ces avis sont émis après analyse des comptes du groupe, mais aussi par comparaison avec des groupes ayant des activités ou une structure similaire ou même jugés complémentaires.
L’utilisation de XBRL et d’une taxonomie officielle telle que XBRL IFRS garantit la parfaite comparabilité des comptes automatisable sans ressaisie ni interprétation.

Eléments d’enquête complémentaire sur la traduction des comptes

Documents sélectionnés
Les sociétés suivantes ont été prises au hasard dans les listes des sociétés cotées à Paris, à Londres et à Francfort. L’échantillon se compose de 5 sociétés françaises, 2 sociétés anglaises et 3 sociétés allemandes.
L’échantillon confirme que la recherche nécessite de connaitre en France le terme officiel de Document de référence requis par l’AMF qui porte 4 noms différents dans notre échantillon de 5 sociétés, les anglais et les allemands utilisant le terme commun de Annual report :
AIR FRANCE Reference document 2008-2009
CAP GEMINI Financial report Reference document 2008
DANONE Registration Document 2008
DIAGEO Annual Report 2008
LVMH Translation of the French Document de référence 2008
PSA Registration document 2008
ROYALDUTCH Annual report and form 20F 2008
SIEMENS Annual report 2008
THYSSENKRUPP Annual report 2007-2008
VOLKSWAGEN Annual report 2008

Les libellés des lignes utilisées par les groupes ont été rapprochés des éléments de la taxonomie XBRL IFRS 2009. Une comparaison stricte des libellés utilisés à été effectuée avec les libellés de la taxonomie. S’agissant d’une comparaison stricte, telle que celle qu’effectuerait un logiciel, aucune interprétation qui permettrait de considérer comme comparable des libellés utilisés suffisamment proches de ceux de la taxonomie n’a été effectuée. Ainsi, par exemple, « Gross profit » est considéré différent de « Gross margin ».
Notons que sans équivalence automatique des libellés, toute comparaison des éléments reportés des différentes sociétés nécessite une interprétation humaine qui est plus ou moins fiable selon que les libellés des éléments sont plus ou moins proches. Notons également qu’à équivalence de libellé, il n’y a pas de garantie que le contenu est équivalent puisque l’ensemble des libellés ne fait pas référence à une définition commune.
Compte de résultat
Seul Air France présente un compte de résultat par nature, tous les autres groupes présentent un résultat par fonction.
Le résumé suivant compare les libellés de lignes utilisés par les groupes et les éléments de la taxonomie XBRL IFRS.

Pour les lignes du compte de résultat, la taxonomie XBRL IFRS contient 18 éléments. Les groupes utilisent 3 de ces lignes, soit 17%.
Le nombre de lignes renseignées dans l’échantillon est de163 dont 12 reprennent exactement les éléments de la taxonomie, soit 7%.
Le palmarès des éléments utilisés est le suivant :
« Cost of sales » 5 ;
« Gross profit » 4 ;
« Revenue » 3

Ces trois lignes sont les seules pour lesquelles on retrouve l’équivalence exacte avec les éléments de la taxonomie. Seuls 6 groupes utilisent des éléments de la taxonomie.
Remarque : pour ne pas être trop sévère, il convient de reconnaitre que 2 groupes pourraient faire partie du palmarès pour avoir utilisé « Revenues » au pluriel.

Bilan
Pour le bilan, les équivalences sont un peu plus nombreuses :

La taxonomie XBRL IFRS contient 52 éléments. Les groupes utilisent 23 de ces lignes, soit 44%.
Le nombre de lignes renseignées dans l’échantillon est de184 dont 82 reprennent exactement les éléments de la taxonomie, soit 45%.
Le palmarès de l’utilisation des éléments de la taxonomie est le suivant :
« Property, plant and equipment” 9;
“Cash and cash equivalents” 9 ;
“Inventories” 8 ;
“Goodwill” 6 ;
“Deferred tax assets” 5 ;
“Non-current assets” 5 ;
“Retained earnings” 5 ;
“Deferred tax liabilities” 5 ;
“Non-current liabilities” 5

Il semble qu’il y ait consensus pour les deux éléments les plus utilisés.
Notons cependant, que l’utilisation d’un même élément ne recouvre pas nécessairement la même notion dans la mesure où les autres éléments ne sont pas utilisés. Par exemple, l’utilisation de l’élément « Other financial liabilities » n’implique pas qu’il s’agit du même contenu que celui de la taxonomie lorsqu’on utilise par ailleurs une rubrique de dettes financières telle que « Borrowings and bank overdrafts » qui n’est pas présente dans la taxonomie.
Par contre, pour le Capital social, la ligne est renseignée par tous les groupes de l’échantillon, mais un seul utilise l’élément de la taxonomie « Issued capital ». Pour les intérêts minoritaires, tous les groupes utilisent la ligne « Minority interests » alors que l’élément de la taxonomie est libellé « Non-controlling interests ».

Pour l’ensemble du Bilan et du Compte de résultat, le palmarès des groupes utilisant les éléments exacts en anglais de la taxonomie XBRL IFRS est le suivant :
DIAGEO : Bilan 13 ; Compte de résultat 2 ; Total 15
Siemens: Bilan 10 ; Compte de résultat 2 ; Total 12
Volkswagen: Bilan 10 ; Compte de résultat 2 ; Total 12
Royaldutch: Bilan 9 ;Total 9
LVMH: Bilan 8 ; Compte de résultat 2 ; Total 10
DANONE: Bilan 9 ; Total 9
AIRFRANCE: Bilan 7 ; Total 7
PSA: Bilan 7 ; Total 7
ThyssenKrupp AG: Bilan 6 ; Compte de résultat 1 ; Total 7
CAPGEMINI: Bilan 3 ; Total 3
Parmi les groupes de l’échantillon, Diageo utilise 13 éléments de la taxonomie, Siemens et Volkswagen en utilisent 10.
Conclusion
Les efforts faits par l’IASB pour produire une taxonomie IFRS de qualité, strictement liée aux normes, devraient permettre aux groupes de s’y référer pour leurs traductions de leurs comptes.
Lorsqu’un groupe adopte la technologie XBRL, la taxonomie permet de travailler dans sa langue d’origine et de ne pas se préoccuper de la traduction qui est portée par la taxonomie. Ainsi, un lecteur pratiquant une autre des langues (de la communauté Européenne ou de tout autre pays) pourrait lire les comptes dans sa langue. Les analystes pratiquant des analyses comparatives ne devraient pas devoir interpréter la traduction faite des comptes et constamment faire référence au contexte (langue d’origine ou lecture des notes explicatives annexes) et auraient ainsi la possibilité de comparer des éléments strictement comparables.
Bien sûr, il reste à traduire le rapport de gestion et les notes textuelles annexes. Cependant, ce travail peut être facilité par l’adoption de la taxonomie qui contient, de manière structurée et également dans les diverses langues, toutes les exigences de contenu prévues par les normes. Il est donc également possible de standardiser le contenu de l’annexe pour faciliter les comparaisons automatiques et les recherches ciblées.
Dans un premier temps, dans le cas où le groupe n’est pas prêt à mettre en œuvre une démarche XBRL, il est toujours possible de faire référence à la taxonomie pour libeller précisément les éléments utilisés et pour utiliser la traduction de ces éléments dans la préparation de versions en anglais.
Nous ne sommes pas très loin de commencer à voir apparaître et même à voir utiliser des comptes de groupes « traduits » en taxonomie IFRS XBRL et en technologie XBRL par des tierces parties sans la participation des groupes émetteurs. Dans ce cas, les libellés non rigoureux peuvent donner libre cours à de nombreuses, et peut-être non souhaitables, interprétations.
Référence de l’article Reginfo :
Labrador livre ici en exclusivité les résultats de son enquête sur la traduction en anglais des documents de référence en 2008. Les équipes de Labrador et de REGinfo se sont penchées sur les processus de traduction des documents de référence. Elles ont analysé les versions françaises et leur traduction en anglais publiées par les sociétés du SBF 120 ainsi que celles du STOXX 50 à titre de comparaison. Soit un total de 235 documents. Dans le même temps, Labrador adressait un questionnaire à ces sociétés sur leurs pratiques en la matière. Le taux de réponse, de 23% pour les sociétés du SBF 120, permet de déterminer les process utilisés.

mercredi 25 mars 2009

La taxonomie XBRL sur les rémunérations des mandataires sociaux

L’objectif de cet article est de décrire succinctement et sur la base d’un exemple concret, comment une recommandation peut rapidement devenir une taxonomie XBRL mise à la disposition des « remettants ». Il tend à montrer comment XBRL peut aider à structurer la recommandation et ce qu’apporte XBRL en termes de collecte et d’analyse de l’information.



De la recommandation à la taxonomie



La recommandation
Il s’agit à l’origine des Recommandations sur la rémunération des dirigeants mandataires sociaux de sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé, émises par l’AFEP et le MEDEF en Octobre 2008.
Cette recommandation a été reprise par une recommandation émise le 22 décembre 2008 par l’AMF : Recommandation de l’AMF relative à l’information à donner dans les documents de référence sur les rémunérations des mandataires sociaux.
L’objet de cette recommandation est de décrire l’information à donner sur les rémunérations des mandataires sociaux et les programmes d’options. Il est précisé :
En conséquence, l’AMF recommande aux sociétés cotées de présenter dans leur document de référence l’ensemble des informations relatives à la rémunération des dirigeants, selon les modalités précisées dans la Recommandation, étant rappelé que :
- la présentation des informations relatives aux rémunérations conformément aux termes de la présente recommandation satisfait aux exigences prévues par le code de commerce s’agissant des informations à faire figurer dans le rapport de gestion ainsi qu’à celles définies par les textes applicables concernant l’établissement d’un document de référence ou d’un prospectus;
- le document de référence peut faire office de rapport annuel (incluant notamment le rapport de gestion) présenté à l’assemblée générale des actionnaires dès lors que toutes les informations requises par la loi y figurent ;
- l’information relative aux rémunérations des dirigeants demandée dans le document de référence remplit les exigences du Règlement européen en la matière.

Il est proposé dans la recommandation, de présenter les informations dans des tableaux. Les tableaux 1 à 7 de la recommandation AFEP / MEDEF sont repris par la recommandation AMF qui y apporte quelques précisions. L’AMF complète cette information par trois tableaux supplémentaires.
Il est important de noter trois points importants au regard de XBRL dans ce cas :



  • Il ne s’agit pas de créer de nouvelles obligations mais de donner une structure à l’information déjà exigée des entreprises. « La Recommandation de l’AMF ne créé pas de nouvelle obligation pour les sociétés cotées en matière d’information sur les rémunérations et les avantages des mandataires sociaux, mais réalise uniquement une synthèse et un guide pratique des informations à fournir au regard des textes existants en la matière. »

  • Les modèles de tableaux ne sont pas obligatoires mais indicatifs de l’information à fournir : on privilégie le contenu par rapport à la forme. « Les émetteurs utilisent les tableaux reproduits ci-après ou d'autres modèles de tableaux à condition que l'information donnée soit équivalente. »

  • Les tableaux ne sont pas nécessairement suffisants à la compréhension de l’information, un texte supplémentaire est éventuellement nécessaire. « La présentation de ces tableaux n’exonère pas l’émetteur, pour la bonne compréhension des informations, de fournir des explications nécessaires et utiles notamment au regard des principes applicables dans les recommandations AFEP/MEDEF. »


L’établissement de la taxonomie
La recommandation AMF constitue un réel cas d’école pour XBRL. Les trois points précisés ci-dessus sont tout à fait adaptés à la création d’une taxonomie XBRL :



  • l’information est structurée : c’est exactement l’objectif du langage XBRL qui est de structurer l’information financière par la définition et la hiérarchisation des éléments d’information dans une taxonomie ;

  • la forme n’est pas obligatoire : en effet, le langage XBRL s’attache à décrire le flux de l’information financière et ne fournit pas d’indication quant à la forme de la saisie ou de la restitution ;

  • les tableaux doivent être complétés par du texte : le langage XBRL permet de véhiculer des montants et du texte et toute autre type de données incluses dans un rapport financier : dates, nombres de titres, valeurs unitaires de titres, etc.


L’analyse de l’information
La création d’une taxonomie commence par une analyse fonctionnelle de l’information à véhiculer.
Cette analyse consiste à comprendre ou à préciser la définition de chaque montant ou information requise. Par exemple, s’il s’agit de montants bruts ou de montants nets ou des deux, il va être nécessaire de créer des éléments de taxonomie précis et levant cette éventuelle ambigüité.
Il faut également détailler l’information de manière à ce qu’il y ait un élément de taxonomie pour chaque « case » d’un tableau ou pour chaque information. Par exemple, lorsqu’un intitulé de colonne indique la période de validité d’un plan d’option, il va falloir définir deux éléments de taxonomie pour indiquer d’une part, la date de début de validité et d’autre part, la date de fin.
Il faut enfin s’assurer que la même information est définie par un élément unique, même si elle figure à plusieurs endroits dans les tableaux. Par exemple, la rémunération due à un dirigeant indiquée dans le tableau de synthèse 1 est la même que le total du tableau récapitulatif des rémunérations 2.
Le résultat de l’analyse est une liste d’éléments dont les libellés suivent des règles de construction de manière à les rendre compréhensibles en dehors du contexte des tableaux et cohérents entre eux. Cette liste est également hiérarchisée : présentation et calcul (lorsque les éléments de détail doivent s’agréger dans des totaux et sous-totaux).



La structure XBRL
Le langage XBRL accepte toutes structures de données, de la plus simple « liste » aux plus complexes « multidimensionnelles ». Il a lieu, lors de l’établissement d’une taxonomie de définir la structure la mieux appropriée à la saisie et l’exploitation des données qu’elle va permettre de véhiculer. Il faut conserver un équilibre entre la technologie qui offre des possibilités quasiment illimitées et la compréhension et la prise en main par l’utilisateur qui doit rester l’objectif premier. La solution la plus « simple » pour l’utilisateur et la plus proche du métier doit être favorisée.
Il se trouve, dans le cas présent, que l’information demandée est limitée en volume mais complexe dans sa structure. Deux axes d’analyse structurent la plupart des tableaux : d’une part les mandataires sociaux dirigeants ou non dirigeants (tableau 3 des jetons de présence) qui doivent être listés individuellement et d’autre part, les plans d’attribution d’actions ou d’options qui doivent être listés par numéro de plan ou description. Les montants, nombre d’actions ou d’options attribués ou levés, sont à indiquer au croisement de ces deux axes d’analyses. Il y avait donc lieu de créer une taxonomie dimensionnelle grâce à laquelle, les éléments liés à chaque mandataire social et chaque plan ne sont saisis qu’une fois et sont utilisés pour saisir les montants et informations se trouvant au croisement de chaque valeur. Cette structure de l’information dans la taxonomie permet de se détacher de la forme des tableaux pour saisir l’information et créer le rapport XBRL.



La construction technique de la taxonomie
La construction finale de la taxonomie correspond à la partie technique de la mise en forme des fichiers .xml qui constituent la taxonomie : fichier d’entrée .xsd, fichier des éléments et fichiers de liens de présentation, de calcul et de libellés. Lorsque la taxonomie est complexe comme dans cet exemple, il faut également construire les fichiers des dimensions et de liens entre les éléments et les dimensions.
Il existe des outils qui aident à cette construction et qui permettent de créer des taxonomies valides au regard des spécifications précises XBRL. La taxonomie doit en effet être tout à fait générique de manière à pouvoir être lue et exploitée par toute application adaptée au traitement du langage XBRL. Il est d’ailleurs bon de s’assurer qu’elle est lisible et validée par plusieurs éditeurs XBRL avant de la publier.



La mise à disposition de la taxonomie
La taxonomie ainsi créée est tout d’abord testée : techniquement et fonctionnellement, puis mise à disposition à tout émetteur ou tout destinataire des rapports XBRL.
Les émetteurs peuvent utiliser la taxonomie de plusieurs manières :



  • s’ils ne sont pas tout à fait familiers du langage XBRL, pour s’assurer, par simple lecture de la taxonomie, de l’exhaustivité des informations relatives aux rémunérations des mandataires sociaux qu’ils produisent ;

  • pour préparer manuellement des rapports XBRL des rémunérations des mandataires sociaux grâce à des outils adaptés qui permettent de saisir les informations dans les modèles proposés et qui produisent le rapport XBRL ;

  • pour produire automatiquement les rapports XBRL par interface avec les applications contentant l’information.

Utilisations de la taxonomie



Intérêt d’une taxonomie XBRL
L’intérêt de disposer d’une taxonomie XBRL dans l’exemple des rémunérations des mandataires sociaux est :



  • Pour l’émetteur, de ne produire l’information qu’une seule fois. En effet, l’information produite par utilisation de cette taxonomie satisfait, comme indiqué dans la recommandation de l’AMF, aux exigences prévues par le code de commerce s’agissant des informations à faire figurer dans le rapport de gestion ainsi qu’à celles définies par les textes applicables concernant l’établissement d’un document de référence ou d’un prospectus; au contenu du rapport annuel (incluant notamment le rapport de gestion) présenté à l’assemblée générale des actionnaires et aux exigences du Règlement européen en la matière.

  • Pour les utilisateurs, de disposer d’une information structurée, comparable d’un exercice à l’autre et d’une société à l’autre et de pouvoir construire de manière générique des analyses fiables sur les données produites.

Développements futurs
L’information véhiculée par cette taxonomie constitue une brique de la taxonomie plus large concernant les Informations réglementées et dont la construction a été entreprise par un groupe de travail ad hoc constitué au sein de XBRL France.
Le fait que les informations fournies par cette taxonomie satisfont aux exigences du règlement Européen en la matière permet d’imaginer, à court terme, du développement équivalent de taxonomies dans les divers pays d’Europe et d’établissement de compilation et de comparatifs au niveau Européen. Un des objectifs de XBRL Europe est de coordonner le développement de telles taxonomies dans les divers pays d’Europe de manière à favoriser leur interopérabilité.


Article publié dans la newsletter n° 10 de xbrl France: xbrl.fr

lundi 15 décembre 2008

XBRL : la rupture !

XBRL est à l’EDI ce qu’internet fut au minitel
Il s’agit là d’une affirmation quelque peu provocatrice, mais tout de même objective. Le tsunami internet a emporté, dans son déferlement, tous les efforts intellectuels et matériels investis en France dans le minitel. Une des principales raisons est qu’il s’agissait d’un phénomène international qui s’est répandu grâce à la puissance et la légitimité que ce statut lui conférait. Phénomène gagnant-gagnant dans lequel les opérateurs et les utilisateurs ont bien compris tous les avantages.
En matière de transfert de données financières, la vague XBRL gonfle et ne s’arrêtera pas aux frontières de la France.

Finis les documents papier, les scanners approximatifs de documents PDF.
Ce qui est important est le contenu : la donnée, qui, numérisée à l’aide d’un standard, reste unique grâce à une définition précise qui circule avec elle et devient disponible à tous.

Finis les formats multiples,
les formulaires Cerfa tracés au millimètre, les documents comptables divers préparés pour les banques, pour le dépôt aux greffes, pour une publication plaquette ou pdf sur Internet. Aujourd'hui, la même donnée est demandée autant de fois qu’elle est incluse dans un support avec toutes les erreurs de saisie, ressaisies ou de contrôle et de rapprochements que ce processus comporte. Demain, la donnée étant au centre, on évite sa recopie d’un support ou d'un format à l’autre.

Fini l’EDI propriétaire nécessitant de passer par des intermédiaires agréés. L’EDI se limite aujourd'hui en France aux imprimés fiscaux et est défini par rapport à ceux-ci. Une dématérialisation en EDI suppose donc que l’on distribue aux banques ou aux greffes des formats définis par l’administration fiscale et non par la réglementation comptable. Les formats ne sont certes pas très divergents pour les états financiers de synthèse. Ils le sont plus pour les tableaux annexes et les imprimés fiscaux ne comportent pas l’annexe aux comptes qui fait partie intégrante des comptes annuels.

XBRL est un standard ouvert, générique et libre
Un standard ouvert signifie qu’il décrit lui-même la façon dont il peut être étendu pour des besoins propres. Générique signifie qu’il permet les transferts de données indépendamment des systèmes qui les produisent ou les consomment. Libre signifie qu’il est fourni gratuitement par un consortium international et qu’il se doit d’être suffisamment large et stable pour être adopté par le plus grand nombre.

XBRL met les données en libre service. Chaque donnée publiée sous format XBRL devient une donnée absolue portée par la définition et le référentiel de norme qui lui sont liés. Par exemple, le Chiffre d’affaires est unique et n’a qu’une définition qui est celle du Plan comptable indépendamment du document dans lequel il se trouve : compte de résultat comptable, fiscal, en compte ou en liste et toute note annexe le commentant. Le Chiffre d’affaires peut donc être ainsi utilisé comme une donnée comparable d’un exercice à l’autre et d’une société à une autre. S’il s’agissait du Chiffre d’affaires défini par les IFRS, il pourrait être également comparé d’un groupe à un autre sans distinction de pays d'appartenance, pouvu qu'il ait adopté cette norme.

XBRL permet une économie sur la publication, sur l’analyse des données, sur les rapprochements entre reporting. Il est trop tôt pour disposer de statistiques sur les économies réalisées. Il est cependant facile d’imaginer que la préparation d’un fichier de données ou de fichiers de données satisfaisant tous les besoins d’échanges ou de publication selon une taxonomie commune ou des taxonomies héritant toutes du même noyau commun feront réaliser des économies dans la préparation, la manipulation, les ressaisies et contrôles en découlant.

Pourquoi ne pas imaginer des moteurs de recherches spécialisées pour les données financières qui seraient à même d’interroger toute donnée financière présente sur le web au format XBRL et permettant ainsi la réalisation de recherches ou de benchmarking instantanés. Les intermédiaires ajouteraient de la valeur aux données offrant des présentations agréables à l’utilisateur ou des ratios, tendances et autres analyses facilitant les comparaisons.

Tout ceci est-il si difficile à mettre en œuvre ?
Si l’on se limite, comme il est suggéré ci-dessus, aux données publiées, il est très simple de produire des données au format XBRL. Il est également possible de procéder par étapes successives en allant du plus simple (les états de synthèse, par exemple) au plus compliqué (les détails de certaines notes annexes, par exemple).

Comment démarrer ? L’étape la plus consommatrice de temps est celle qui consiste à s’assurer de l’existence de la source des données et des possibilités de lecture de ces données. Pour ce qui est des étapes plus techniques de lecture, de mise en correspondance des données avec la taxonomie XBRL et de mise en forme des données en XBRL (en accord avec la spécification de la norme), des outils simples existent d’ores et déjà qui fonctionnent en bout de chaine, donc sans pratiquement aucun impact sur les systèmes existants. Il est également relativement simple de récupérer les données pour les analyser directement ou les introduire dans des bases de données de stockage et d’analyse. Il y a d’ores et déjà des références en la matière sur les outils utilisés.

A terme, mais seulement à terme, XBRL s’introduira au cœur des systèmes afin de permettre tout échange automatisé de données entre systèmes selon une taxonomie complexe satisfaisant aussi bien les demandes internes qu’externes. Une des réticences actuelle à l’adoption du standard XBRL est la crainte d’avoir à refondre des systèmes informatiques coûteux et sophistiqués. Les cataclysmes de l’an 2000, des IFRS ou de Sarbanes Oxley sont encore présents dans l’inconscient collectif. Il n’est donc pas nécessaire de mettre en avant un « big bang » mais plutôt une adoption graduelle qui fera son chemin étape après étape et selon les degrés de satisfaction de chaque étape et les économies et optimisations concrètes obtenues.

L’adoption d’XBRL représente bien une révolution, une révolution qui prend son temps mais dont la tendance de fond est à l’accélération !

mercredi 3 septembre 2008

Premier ouvrage de référence en français


Faites parler vos chiffres et notes financières!
Cet ouvrage se propose de familiariser le lecteur avec les bases du nouveau langage d’échange de données financières sur le Web, et guide l’utilisateur dans la publication et la diffusion des comptes annuels.
Disponible en ligne ou en librairie: http://www.bod.fr/index.php?id=1786&objk_id=151225

Description
L’objectif de XBRL est de fournir un média d’échange universel de données financières. Il s’agit d’améliorer et de fluidifier les échanges d’informations financières pour mieux partager l’information diffusée.
Cet ouvrage présente les bases du standard, comment il s’est déjà implanté et pourquoi il est appelé à devenir incontournable pour la production et la diffusion des données financières d’entreprises. Cet ouvrage a pour objectif de contribuer à l’effort d’information et de sensibilisation nécessaire à l’adoption large du standard et à la généralisation de son utilisation.
XBRL s’adresse aux gens du métier, ceux-là mêmes qui sont à même de publier des informations financières lesquelles atteignent leur état final dans les Etats Financiers ou Comptes Annuels et ceux qui sont amenés à recevoir et à analyser ces informations.
En effet, le langage XBRL qui permet de rendre « nomades » les informations financières, véhicule, avec la donnée, l’ensemble du langage permettant de comprendre cette donnée. Il est donc primordial que les gens du métier soient familiers de ce langage au même titre qu’ils sont familiers des normes comptables que ce langage ne fait que structurer.
Il explique en quoi consiste XBRL et vise à familiariser le lecteur avec les concepts. Il aide à comprendre le contenu de la taxonomie officielle pour véhiculer les Comptes Annuels des sociétés françaises. Enfin, il présente un projet de publication des Comptes annuels en conformité avec le standard.

Intérêt
A l’heure où les comptes déposés auprès de la SEC et d’autres bourses dans le monde deviennent disponibles sur le Web d’un simple clic au format XBRL, l’analyse et la comparaison des données financières publiées sont accessibles et lisibles par tout intéressé. Les entreprises internationales ne pourront rester longtemps en dehors de cette tendance incontournable.

Pour l’ensemble des sociétés, les dépôts de comptes s’effectuant déjà, dans de nombreux pays européens (et en France depuis le 30 juin 2008) au format XBRL, la diffusion et la transmission des données grâce à ce standard s’en trouvera rapidement généralisée.

Table des matières
Partie 1 : Le langage XBRL
Partie 2 : Le standard XBRL
Partie 3 : Les fonctions avancées du standard XBRL
Partie 4 : L’application aux comptes annuels
Partie 5 – Méthodologie de mise en œuvre

vendredi 11 janvier 2008

Point de vue d'un practicien du reporting consolidé

Combien de temps, d’effort et d’argent investissons-nous dans la mise en œuvre de d’un reporting consolidé ? Quel en est le coût de maintenance ?
La méthodologie de mise en œuvre d’un reporting consolidé suppose la définition d’un référentiel élaboré au niveau central du groupe: plan de comptes, analyses dimensionnelles, calculs de saisie, validation des données entrées. Ce référentiel doit être diffusé et les sites locaux doivent être formés afin d’établir des tables de passage entre les systèmes locaux producteurs de l’information et les remontées dans le système central.
Combien d’efforts, de temps et d’argent sont passés à définir au mieux ce référentiel, compte tenu des contraintes du système avec lequel il est élaboré. Qui n’a pas demandé à son fournisseur un paramétrage « standard » lui garantissant la publication ou l’alignement sur une publication de comptes aux normes IFRS ou USGAAP ? Ces paramétrages existent dans la plupart des cas mais sont bien sûr propriétaires (variant selon le fournisseur ou consultant qui intervient dans la mise en œuvre), et ont un coût. Ils ne se préoccupent pas des systèmes source, de telle sorte que des développements spécifiques sont bien souvent nécessaires pour permettre l’envoi des données d’un système dans l’autre et ceci même dans le cas où les sources et destinations se réclament de la même norme.
Et si un référentiel gratuit existait ?
Un référentiel exprimé dans les langues les plus usitées. Un référentiel qui contient toute les définitions nécessaires à l’établissement des comptes dans la norme choisie par le groupe et qui est documenté par référence au texte de cette norme. Un référentiel qu’il est aisé d’étendre aux besoins spécifiques du groupe. Un référentiel qui contient en lui-même ses propres règles de validation. Un référentiel lisible en dehors de toute application informatique et indépendant de toute application. Ces référentiels existent sous la forme de taxonomies XBRL. Celles-ci ne sont pas, comme il semble aujourd’hui, réservées aux régulateurs pour la publication externe de données.
Les sièges centraux des groupes ne sont-ils pas des régulateurs pour leurs entités de reporting ?
Supposons un instant que les systèmes transactionnels et les systèmes de reporting puissent « intégrer » ces référentiels, voire être mis en œuvre à partir de ces référentiels externes gratuits. Les systèmes pourraient alors s’alimenter l’un par l’autre par référence à ce référentiel commun. Quoi de plus simple alors de définir un système de reporting de groupe que tous peuvent comprendre, alimenter automatiquement et qui permet au groupe de savoir très exactement comment chaque chiffre qu’il analyse est fait ? Combien d’efforts économisés ? Quelle amélioration de la fluidité de transmission des données ? C’est là, très exactement, la promesse de XBRL.

vendredi 28 septembre 2007

XBRL, la taxonomie Etats Financiers Français et le Plan Comptable Général


XBRL est le langage standard d’expression des données financières ou d’analyse financière.
Le principe sous-jacent à XBRL est que l’information « taggée » dans les systèmes de production de données peut être transportée d’un système à l’autre, suivie dans les rapports internes distribués dans les diverses divisions ou départements et finalement être publiée dans les états financiers ou comptes annuels de la société ou du groupe.
XBRL a vocation à devenir la fondation d’une nouvelle génération d’applications financières à base de services Web qui permettront aux sociétés:
- de satisfaire de manière standard aux différentes exigences de publication émises par les régulateurs,
- de se comparer et d’être comparables aux autres acteurs du marché à l’intérieur d’un référentiel public et adopté de manière globale,
- de fournir aux intermédiaires financiers des informations fiables ne nécessitant pas d’interprétation ou d’applications de modèles plus ou moins adaptés.


XBRL et les taxonomies
Le langage XBRL de transport de données ne se comprend qu’à travers une taxonomie.
Une taxonomie est un référentiel comprenant entre autre et pour rester simple :
- la liste des rubriques définies et leur nom unique,
- les libellés pouvant être exprimés dans toutes les langues,
- les liens de présentation et de calcul existant entre elles,
- un certains nombre d’attributs les caractérisant, tels que le type (fin de période ou pour la période), le sens d’agrégation (+ ou -), les sens normal (débit ou crédit),
- et la norme dans laquelle ces rubriques sont définies avec, éventuellement des liens de référence vers les chapitres et paragraphes de cette norme.
Les liens de présentation et de calculs sont présentés sous forme hiérarchique. Chaque nœud de la hiérarchie de calcul est l’agrégat des éléments qui le composent.
Il existe aujourd’hui un certain nombre de taxonomies officielles, notamment une taxonomie IFRS et une taxonomie US GAAP.
Un Rapport XBRL présente les montants relatifs aux rubriques de cette taxonomie et le contexte des montants. Les contextes définis sont valables pour l’ensemble du rapport.




La taxonomie Etats Financiers Français (EFF)
La taxonomie EFF, développée et proposée par l’association XBRL France, est la première étape vers une taxonomie XBRL Comptes Annuels Français respectant les recommandations du CNC.
Elle favorise la convergence des reporting XBRL en Europe, notamment les reporting IFRS, Général et PME (en cours d’élaboration). Elle favorise également la convergence vers les US Gaap.
La technologie XBRL est particulièrement adaptée pour représenter les Etats Financiers car elle offre des possibilités d’extension et n’est pas une représentation codée d’états papier. Elle donne la primauté au contenu par rapport à la forme. Elle permet le partage des référentiels et, de plus, offre indépendance et interopérabilité logicielles.
La taxonomie EFF est une première étape vers une taxonomie plus complète des Comptes Annuels. En effet, la taxonomie EFF ne contient que les états de synthèse. Elle doit encore être enrichie des tableaux et notes de l’annexe pour former les comptes annuels.
Le schéma ci-dessous présente le processus de préparation des comptes annuels. Il existe encore deux possibilités de présentation tant que les IFRS ne sont pas applicables à l’ensemble des sociétés, notamment aux PME, pour lesquelles la norme IFRS est en cours d’adaptation et d’adoption.
Le Plan Comptable Général permet de construire les Etats Financiers selon la présentation CNC. Des compléments ou adaptations sont nécessaire pour établir des Etats Financiers aux normes IFRS.
De nombreuses informations de l’annexe trouvent leur origine dans le plan comptable. Cependant d’autres sources d’informations sont nécessaires. L’annexe des Etats Financiers aux normes IFRS est plus fournie.
La taxonomie Comptes Annuels selon la présentation CNC est en cours d’élaboration.
La taxonomie IFRS est d’ores et déjà disponible.
La disponibilité se ces taxonomies permet aux sociétés de publier leurs comptes annuels au format XBRL selon la présentation qu’elles ont adopté.



Le Plan Comptable Général (PCG)
Le Plan Comptable Général est un référentiel. Malgré son apparence hiérarchique, il n’est pas une taxonomie.
En effet, les titres des classes ne sont pas nécessairement des agrégats, et particulièrement la classe 4 – Comptes de tiers.
De plus, ni les titres des classes, ni le ou les niveaux inférieurs ne correspondent à des lignes d’Etats Financiers.
Les classes 4 - Comptes de tiers, 5 - Trésorerie comportent des comptes qui sont soit à l’actif soit au passif du bilan, selon leur intitulé ou le sens de leur solde débiteur ou créditeur.
Il est possible d’établir une taxonomie Plan Comptable Général qui serait une extension de la taxonomie EFF et qui permettrait, de ce fait de faire un lien direct entre la comptabilité et les états financiers.
L’établissement de cette taxonomie nécessite l’organisation des comptes selon les postes des états financiers, chaque ligne de la taxonomie EFF étant l’agrégat d’un certain nombre de comptes. Il est également nécessaire de créer des rubriques de taxonomie Débit ou Crédit lorsque, selon le sens du solde, le compte s’agrège dans un agrégat d’actif ou de passif.
Le plan de comptes doit permettre l’établissement complet du bilan et du compte de résultats. La présentation CNC du bilan ne propose pas la distinction entre « court terme » « long terme ». Cependant des notes de pied de bilan demandent une analyse « dont à plus d’un an ». Un état d’échéance des créances et des dettes est présenté en annexe. Il est donc nécessaire de créer des comptes qui permettent de constituer automatiquement ce détail.



Les opportunités
L’utilisation d’une taxonomie EFF étendue à une taxonomie Plan de Compte comporte de nombreux avantages et opportunités.
Chaque ligne des Etats Financiers peut être directement détaillée par comptes, ce qui facilite l’audit et l’analyse.
De plus, dans le cas où XBRL GL est utilisé dans le système comptable, il serait possible de relier naturellement les lignes des Etats Financiers aux transactions sous-jacentes.
La table de passage des comptes aux états financiers n’est plus propriétaire des logiciels de comptabilité et est facilement automatisable.
La présentation des Etats Financiers selon le CNC n’est pas très éloignée de la présentation de la liasse fiscale. La même taxonomie pourrait aisément satisfaire aux deux besoins lorsqu’il sera possible de soumettre la liasse fiscale au format XBRL.
Le plan de compte étant par définition extensible, la taxonomie Plan de Comptes est également extensible. Il sera nécessaire de prévoir, dans les tables de passage des contrôles qui assurent que l’intégralité des soldes est bien prise en compte dans l’établissement des états financiers.
L’établissement des comptes en langage XBRL représente un gain de temps en ligne, tant pour les producteurs et les récepteurs dans tous leurs échanges de données. Il est fort probable qu’à l’instar de nombreux pays, ce standard monte en puissance très rapidement en France.